Jean-Bertrand Lefèvre-Pontalis (15 janvier 1924 - 15 janvier 2013) est un philosophe, psychanalyste, professeur d'université, éditeur et écrivain français. Élève de Jean-Paul Sartre à l'École normale supérieure, il débute par des travaux en philosophie avant de se tourner vers la psychanalyse, influencé par Jacques Lacan. Membre de l'Association psychanalytique de France, il s'éloigne toutefois des dogmatismes pour privilégier une approche ouverte et humaniste de la psychanalyse. Éditeur chez Gallimard, il dirige la collection "Connaissance de l'Inconscient", qui contribue à populariser des textes fondamentaux de la psychanalyse. Parallèlement, il développe une œuvre littéraire marquée par l'introspection et une réflexion sur la mémoire et l'identité, avec des ouvrages comme L'amour des commencements (1986) et Le Dormeur éveillé (2004).
  • Tant qu'il y aura des livres, personne, jamais, n'aura le dernier mot.
  • Je tiens pour suspecte une pensée qui, tout en s'en défendant, a réponse à tout et tient à l'écart sa propre incertitude.
    L'Amour des commencements, éd. Gallimard
  • Il y a bien des façons de passer à l'acte. Se taire en est une.
    Traversée des ombres, éd. Gallimard
  • Nous avons besoin de concepts. Nous pouvons difficilement nous en passer. Sans eux nous ne serions pas capables d'appeler table cette table, ce chien un chien […] Nous ne pourrions ni juger, ni sans doute percevoir des formes, ni peut-être aimer… Mais il nous faut sans cesse nous déprendre de leur emprise. Je me méfie d'eux quand ils prétendent faire toute la lumière, ces produits d'une pensée désincarnée, asexuée.
    Traversée des ombres, éd. Gallimard
  • Je déteste la violence et voici que je m'apprête à écrire un livre sur le crime. Si je la déteste tant, cette irruption de la violence, c'est que je la redoute et tente de m'en protéger, tel un enfant qui, après que sa mère a bordé soigneusement son lit, se croit assuré d'être à l'abri du cauchemar.
    Un jour, le crime, éd. Gallimard