• Littérature. Se méfier de ce mot. Ne pas le prononcer trop vite. Si l'on ôtait la littérature chez les grands écrivains on ôterait ce qui probablement leur est le plus personnel. Littérature = nostalgie.
    Carnets II, 1942-1951, éd. Gallimard
  • Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable qu'il a établi une fois pour toutes conduit à l'hérésie.
  • Il vient toujours une heure dans l'histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort.
    La Peste, éd. Gallimard
  • Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
    Éditorial, dans Combat, paru le 8 août 1945
  • Prudence devant les formules. Elles sont parfois comme le tonnerre : elles frappent mais n'éclairent pas.
    Carnets III
  • On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat.
  • Chaque fois qu'une voix libre s'essayera à dire, sans prétention, ce qu'elle pense, une armée de chiens de garde de tout poil et de toute couleur aboiera furieusement pour couvrir son écho.
    Réunion organisée par l'Amitié française, 15 mars 1945
  • Qui ne donne rien n'a rien. Le plus grand malheur n'est pas de ne pas être aimé mais de ne pas aimer.
  • Comme les grandes œuvres, les sentiments profonds signifient toujours plus qu'ils n'ont conscience de le dire.
    Le Mythe de Sisyphe, éd. Gallimard
  • L'homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l'écraser.
  • Le don de vivre est adorable.
    La Postérité du Soleil, éd. Gallimard
  • Quand une fois on a eu la chance d'aimer fortement, la vie se passe à chercher de nouveau cette ardeur et cette lumière.
  • En art, tout vient simultanément ou rien ne vient ; pas de lumière sans flammes.
    L'envers et l'endroit
  • L'écrivain ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'Histoire : il est au service de ceux qui la subissent.
  • Quand on a l'esprit élevé et le cœur bas, on écrit de grandes choses et on en fait de petites.